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    Quelques Points sur l'Africanité de l'Amazighe.

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    تاريخ التسجيل : 18/11/2009

    Quelques Points sur l'Africanité de l'Amazighe.

    مُساهمة من طرف Admin في الأربعاء سبتمبر 24, 2014 8:01 am

    Quelques Points sur l'Africanité de l'Amazighe.
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    Le jugement péremptoire et ethnocentrique d’une langue repose couramment sur des considérations arbitraires, voire stéréotypées et obscures qui, même si elles correspondent à une sorte de tendance générale, n’ont rien à voir avec la vision objective.

    Les comportements anti-amazighes ne datant pas d’hier, sont révélateurs du mépris que les menaçants ont pour les menacés. L’histoire nous apprend que la valorisation du Phénicien, du Latin, de l’Arabe… s’est appliquée tout le temps à des formes liées au pouvoir politique, économique, linguistique,… cultuel et culturel entraînant une dévalorisation de Tamaziγt. L’histoire nous renseigne en outre que les anciens ne se sont pas passionnés pour l’Amazighe, c’est un désintérêt bien ancien. La langue des populations infériorisées devient même l’incarnation de cette infériorisation sociale.

    De nos jours, en somme, cette situation n’a que favorisé divers complexes et une culpabilité linguistique qui font que combien d’amazighes soient perdus entre la honte de parler leur langue et la peur constante de parler la langue menaçante. Mais aussitôt que ces usagers amazighophones décident de sortir de cette culpabilité, ils développent une attitude compensatoire d’affirmation inconditionnelle de leur identité la plus profonde, ce qui, cependant, les conduit à mépriser la langue menaçante et ce, afin de valoriser leur langue maternelle. C’est en bonne partie le stade auquel est arrivé actuellement l’Afrique du nord. On voit là que malheureusement pour tous les pouvoirs politiques de Tamazγa ne veulent pas tirer profit des enseignements que nous fournit l'histoire !

    La langue amazighe, qui est un indice capital de l’existence des Amazighes, est l’une des langues les plus anciennes de l’humanité, plus ancienne que tant de langues d’antiquité actuellement disparues. Elle couvrait déjà son autonomie dès les toutes premières formations des sociétés humaines pré-historiques. Par ailleurs, les spécialistes anthropologues et archéologues partagent largement l’idée que l’Afrique représente bel et bien le berceau de l’humanité et l’ancien continent où avaient apparu les premiers Hommes.

    Aujourd’hui, il est permis à la paléontologie d'expliquer que l’Homo sapiens « Homme sage » trouve son origine dans l'arborescence évolutive des Hominidés situés en Afrique. L’Homo sapiens n'aurait migré depuis l'Afrique vers l'Asie et l'Europe que vers la fin des grandes glaciations. L’Amazighie a aussi connu l’Homo sapiens (entre – 100.000 et – 40.000 années) qui est l'appellation scientifique de ce qu'on nomme communément l’Homme. Cette civilisation du paléolithique terminal ayant apparu vers – 22 000 années, s’épanouit sur une vaste superficie. Par ailleurs, je rappelle au cher lecteur que la langue des Amazighes est d’une existence beaucoup plus ancienne que le proto-indo-européen apparu il y a seulement 6000 ans, c’est-à-dire 4 millénaire av. J.-C.

    Selon le classement le plus admis par les spécialistes, la langue amazighe appartient à la famille de langues dite Afro-asiatique (bien que l’afro-asiatique sans aucune reconstruction et dont le classement pourra très plausiblement se ranger au nombre des mythes, je préfère cette appellation à celle dite sémito-chamitique ou chamito-sémitique dont la terminologie fait allusion à une construction généalogique proche orientale mise à néant par les dernières recherches). Il y a lieu de préciser que le foyer géographique d’apparition de cette famille linguistique Afro-asiatique est un point de départ primitif situé en Afrique. C’est pourquoi l’on relève qu’une des langues les plus proche de l’Amazighe est l’ancien égyptien de laquelle dérive le Copte, langue à la base de la première appellation de l’Egypte, transformé par les Arabes en nom de Miṣr.

    En fait, les Amazighes sont d’authentiques Nord-africains qui naissent d’une triple fragmentation, il y a environ 20.000 années dans une région comprise entre l’actuel Erétrie et les hauts plateaux éthiopiens. Cette fragmentation a donné naissance à 3 rameaux linguistiques :

    1. Le rameau Proto Amazighe.
    2. Le rameau Proto Egyptien.
    3. Le rameau Proto Sémitique.

    Cela ne veut nullement dire que l'une des langues appartenant par supposition auxdits 3 rameaux, descend d’une d’elles. Il s’agit là d’hypothèses supposées puis formulées d’après des analyses comparatives et ce, sans jamais arriver à reconstruire ledit ensemble dont la langue « originelle » n’a jamais été attestée et que la vraie nature échappe à tout le monde.

    Les origines extra-nord-africaines que l’on suppose aux Imaziγen restent du domaine des pures légendes. Elles ont un grand dénominateur commun, c’est qu’elles demeurent de nature à fausser les pistes du savoir et de l’intelligence. En anecdote, j’ai même rencontré des familles amazighes qui détiennent des arbres généalogiques qui, en couvrant dans les meilleurs cas 100 générations, les font remonter jusqu’à Adam. Une fois que je me suis fié aux calculs établis par les anthropologues quant à l’apparition du genre Homo (- 2,9 Ma), j’étais conduit par un simple calcul arithmétique à donner le chiffre d’environ 88.000 générations ayant traversées les époques historiques et, notamment, préhistoriques où aucun humain n’usait encore d’une graphie, pour laisser des traces et témoins écrits. Ces arbres généalogiques qui existent ça et là ne peuvent que montrer ces fabulations généalogiques, l’inexactitude et la crédulité des gens. Enfin, ce chiffre de 100 générations n’équivaut en grosso modo qu’à une durée de 3.000 ans. Ce qui, aux yeux de la science, est insensé et inadmissible. En somme, on ne peut pas tirer profit d’une histoire imaginaire, si non ça serait une tentative vaine et sans aucun doute dépourvue de sens.

    La présence et les manifestations de la civilisation amazighe sont depuis la haute antiquité attestées sur de très vastes contrées africaines (quelques 5 millions de kilomètres carrés, disons le cinquième de la superficie du Continent africain) que couvre Tamazgha (l’Amazighie).

    Les études scientifiques s’accordent sur le fait que les principaux éléments de la culture amazighe sont en place depuis la préhistoire : une même langue de communication, un peuple, un type d’arts, la même tenue alimentaire et vestimentaire… Bref, un mode de vie typiquement nord-africain. Cette civilisation, qui n’était jamais isolée, a sans être absorbée, su évoluer et se développer au contact d’autres peuples du pourtour de la Méditerranée et négro-africains (cas des Imuhaq). Donc cette culture amazighe est nourrie d’un ensemble d’interactions qui, en étant imprégné des civilisations méditerranéennes, assurait les relations entre la rive nord de la méditerranée et celle du Sud. Quel peuple puissant a pu vivre replié sur soi-même ? Ces influences interactives et complexes expliquent, d’un coté, la tendance à donner et à supposer aux Imazighen et à leur langue des origines extra-nord-africaines, au point qu’aujourd’hui des Amazighes (amazighophones et/ou arabophones) se prennent entre autres pour des Troyens, des Perses, des Indiens, des Yéménites, des Romains, des Espagnols… ou, tout simplement, pour des Arabes de la presqu’île arabique.

    Grâce aux avancées perçantes des sciences, on sera par ailleurs fort plausiblement conduit à affirmer que l'Afrique fut non seulement le centre de l'apparition de l'Homme, mais aussi son centre d'évolution et de dispersion vers les deux autres anciens continents terrestres : l'Asie et l'Europe. Là, la théorie la plus appuyée sur l’origine de l’Homme permet dans l’état actuel des recherches, de conclure sur l’origine géographique africaine de la lignée humaine. Si l’on admet en grosso modo que l’apparition de l’espèce Homo remonte à environ 2,90 Ma avant J.-C. Au regard de la marche de l’humanité, le continent africain peut être considéré non seulement comme l’utérus terrestre ayant donné naissance au premier Homme, mais aussi comme le premier et le plus grand théâtre sur lequel se jouait le drame de l'évolution humaine. L’histoire de l’humanité a traversé les quelques 5000 ans, ce qui est infinitésimal par rapport à la dimension temps de la préhistoire. Si l’on rapporte les 2,90 Ma de l’Humanité à l’âge d’un homme de 100 ans, alors l’histoire de l’humanité ne représente qu’à peine 63 jours ! N’est-ce pas fabuleux ?

    Pour ne pas m’étaler davantage sur ces questions, je dirais que la géographie historique amazighe est appelée à être modelée par les travaux des spécialistes. Cette vision historique saura encore, à travers les résistances culturelles sur Tamazγa, contrer les schémas simplificateurs de l’historicité amazighe dont son alphabet libyque est un des plus anciens de toute l’humanité et à propos duquel dit la préhistorienne et la chercheuse algérienne M. Hachid : « A l’heure où les paléo-linguistes retrouvent et reconstituent des langues mortes qui remontent à la préhistoire en comparant les langues qui en sont issues, on ne sait pas encore lire le libyque ! ».

    Les amazighes de tous les pays possèdent à présent une langue-culture transmise fidèlement de génération en génération. A l’égard de beaucoup de facteurs, la pensée amazighe ne cesse d’exister jusqu’à nos jours.

    Pour illustrer un tout petit peu cela au plan linguistique, on peut se poser l’interrogation: est-on logique de penser aussi que tinzert « nez » vient du latin nasus ou de l’allemand nase, tinzi « atternuement » de l’allemand niesen, ixef « tête, bout » de l’allemand koph, afus/fus « main » de l’allemand fuss « pied », afla « ce qui est en haut » de l’anglais fly « voler », ečč/ecc « manger » de l’anglais eat ou du russe есть, iwen/yan/iggen « un » de l’anglais one, iḍ/iṭ « nuit » de l’anglais night, aman « eau » (d’une forme plurielle) de l’arabe al-maa, argaz « homme » du latin regis « roi » ou du Sanskrit raja « roi », etc… sachant que Tamaziγt est plus ancienne que ces langues ??? On peut donner là des centaines de mots qui font partie d’un fond linguistique méditerranéen que ce soit afro-asiatique ou indo-européen et dont beaucoup ont des explications étymologiques allant jusqu’à mettre en œuvre des éléments de Tamaziγt moderne. Dans le développement des recherches faisant recours à la linguistique, l'anthropologie biologique, la paléoanthropologie, l'archéologie… les spécialistes pourront être conduits à rattacher les deux branches linguistiques afro-asiatique et indo-européenne à une super-famille. Certains commencent sérieusement à le penser, voire à l’étudier.
    On peut remarquer que les sources gréco-latines de l’ancienne histoire nord-africaine, quand elles commettent des altérations graves et souvent inévitables dans la transposition des mots amazighes dans le Grec, frappent par l’aspect de donner des noms de consonance typiquement amazighe qui commencent eux aussi par un /a/, tels thala, aggar, abzir, etc., ou par un /t/, tels que tigisi, thugga, thagast, etc.…
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    H. DABOUZ
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    رد: Quelques Points sur l'Africanité de l'Amazighe.

    مُساهمة من طرف Admin في الأربعاء سبتمبر 24, 2014 8:07 am

    Sur l’Etymologie de ISEM en TamaziƔt

    Aussi que l’on remonte assez loin dans le temps, on se heurtera à la difficulté de trouver une certitude absolue. D’ailleurs, quand on est en présence d’un ancien mot employé dans le langage populaire, la conscience de son vrai sens, voire de son étymologie se perd. Et quand un phénomène linguistique remonte très loin dans le temps, il arrive qu’on ne se sache pas quelle langue a imposé un vocable à une autre. Tous les mots des langues de l’humanité remontent à des proto-familles linguistiques, et, puis au-delà, on n’en saura rien et qu’on ne peut formuler des hypothèses dont un des intérêts instructifs est de satisfaire l’esprit. Tant d’anciens peuples attachent de la fierté à démontrer l’antériorité de leurs langues. Ne targuent-ils pas les Perses à affirmer que la moitié des lexèmes de la langue arabe sont d’origine persique. Ve qui est certain aujourd’hui, c’est que les sciences ont mis à néant les anciennes idées de la Bible suivant lesquelles les fils de Noé : Sem, Cham et Japhet s’étaient au déluge - non universel – dispersés sur Terre pour donner naissance aux Sémites, aux Chamitiques et aux Européens.
    On entend souvent que tel terme amazighe est d’origine de telle ou telle langue, sans arriver à pousser la pensée que tant de langues ont bien emprunté à Tamazight des mots qui sont expliqués par la langue amazighe moderne. Cette fois-ci, on va traiter du nom isem que beaucoup pensent qu’il est d’origine sémitique, voire arabe.
    Je vais tenter de présenter ici l’étymologie du nom isem qui est un lexème ancien et bien intégré en l’ensemble des topolectes amazighes modernes. Par ailleurs, ce même lexème ou sa base est attesté dans diverses langues des deux familles linguistiques afro-asiatique et indo-européen.
    Même si rechercher une étymologie est souvent un exercice sans fin, on peut dire que la racine du nom isem est très ancienne dans l’ensemble linguistique amazighe, donc il y a présomption que le mot soit d’origine amazighe. Mais est-il amazighe ou appartient-t-il à un fond méditerranéen ?

    Le nom isem de souche linguistique amazighe se justifie et s’explique très bien et ce, par rapport au :

    1. Critère de répartition.
    Le substantif isem est attesté dans l’ensemble amazighe. Je puis là citer sa répartition selon les aires topolectales amazighes (je m’excuse de ne pas pouvoir donner toutes les variantes) telles que :

    Tumẓabt (le Mozabite, en Algérie).
    Isem (plur. ismawen) « nom, appellation, dénomination, nom propre, nom commun… ».
    Le verbe samma « nommer, désigner ».
    Warisem « anonyme » que son féminin tarisem.
    Le substantif tismin (qui est un pluriel) dont le nom verbal est asem signifie « jalousie ».

    Tamahaq (le Touareg, en Algérie).
    Isem (plur. ismawen) « nom propre ou commun ».

    Taγdamsit (Libye).
    Isem « nom ».

    Tamaziγt du Maroc central.
    Isem (plur. ismawen) « nom, dénomination ».

    Taqbaylit (Algérie).
    Isem (plur. ismawen) « nom, dénomination ».

    Tacawit (Algérie).
    Isem (plur. ismawen) « nom ».
    Je me rappelle d’une belle chanson de la variante Tacawit aux Aurès/Algérie intitulée sama-y-id.

    Tacelḥit (Maroc).
    Isem (plur. ismawen) « nom ».

    Tarifit (Maroc).
    Isem (plur. ismawen) « nom ».

    2. Critère d’intégration
    Il est attesté au sein de topolectes éloignés les uns des autres le nom isem « nom, appellation, dénomination, nom propre, nom commun… », le verbe sama « nommer, désigner… » et le mot warisem « anonyme ». Ce qui exclut la possibilité de penser qu’il s’agit d’un cas isolé.

    3. Critère de conservation
    On voit très bien qu’à partir des variantes amazighes citées dans le critère de répartition, la forme isem est très bien conservée partout sur Tamazγa (l’Amazighie/la Berbérie). Même le topolecte Touareg qui, dans certains cas, connait la prononciation /h/ à la place des sifflantes /s et z/ des topolectes du Nord, a très bien conservé le /s/ dans le terme isem.

    Selon mes lectures, et même si la parenté n’est pas perceptible de prime abord (phénomène de relâchement de la parenté sémantique), je pense que le mot isem est peut être le factitif du pan-amazighe imi « bouche et, par extension, entrée, accès, orifice, ouverture, etc… » dont la racine est la monolitère [M]. Le verbe asem « envier » et son dérivé féminin tismin « émulation, envie, jalousie(s)… » témoignent eux aussi de cette profonde intégration-conservation. J’attire l’attention ici qu’un autre fait linguistique, qui pourrait être vu comme un indice, a à voir avec le pluriel imawen « bouches, ouvertures, orifices… » qui obéit au même modèle de formation du pluriel ismawen.
    Selon des documents dont l'authenticité est vérifiée, on est conduit à penser que la langue amazighe, qui est depuis la préhistoire une des anciennes langues autonomes, aurait même par son antériorité fourni le nom isem aux autres langues du pourtour méditerranéen d'où sont issues les plus belles civilisations humaines. Ceci est attesté par la présence simultanée de ce vocable de base amazighe dans des langues aussi diverses que le Grec, le Latin et les langues sémitiques. Par ex., on trouve ce vocable dans le Grec sous forme de sema « signe, marque », semaino « signifier, indiquer » et semantikos « signifié » ayant donné sémantique en Français, semantic en Anglais… On remarque très bien que les formes sémantiques que renferment les mots attestés dans ces langues indo-européennes sont très proches de celle attestée dans l’ensemble amazighe moderne. Pourra-t-on un jour découvrir à partir des anciennes transcriptions libyco-berbères que se manifestait sous la forme de isem ? À l’appui des critères de répartition et de conservation, on peut dire sans risque de s’induire en erreur que le nom isem, dans l’ancien Amazighe, ne peut être que sous forme pan-amazighe de isem attestée en synchronie, si non il ne doit pas être loin de la forme actuelle.
    Ce même mot avec la même forme sémantique est attesté dans les langues sémitiques et ce, sous les différentes formes de asemmou, chem… et achemou. On relève en outre les unités sème en français et seme en anglais « unité de signification minimale »... Tous ces lexèmes contiennent la radicale de la racine amazighe [M].
    En sémitique, les substantifs véhiculant le sens de nom sont : sumu/chumu en Akkadien, sēm/shēm en Ugaritique et en hébreu, sum/chum en araméen, Ίsm en Arabe, sem en Ethiopien. Remarquons que la chuintante ch dans les anciennes langues sémitiques a disparu en arabe.
    En ancien égyptien, on a ran/rin/rĕn/lĕn et en copte rn.
    Dans la même famille afro-asiatique, il est déjà très compliqué d’expliquer la relation entre ran égyptien et shum araméen. La même forme ran serait à comparer d’ailleurs avec des langues négro-africaines telles que rína « nom » en bantu et galke.
    Dans l’indo-européen, on a par exemple les formes nāma en sanskrit, hόnoma en grec et namo en gotique, et le radical indo-européen reconstruit est *nōm.
    Si la forme égyptienne est à exclure de la comparaison, les deux autres formes isem et nōm contiennent la finale /m/.
    Quant à la néologie amazighe, on peut faire remarquer qu’elle a exploité la base isem pour en créer de nouvelles unités lexicales telles que isemtadra « nom d'origine », isem (néologisme de sens) « substantif/nom », msemmi « nom propre », gisem « nommer » (comme bien d’autres cas, là on n’avait pas exploré les variantes amazighes pour savoir que ce même sens est véhiculé par le verbe samma), etc.

    D’ailleurs, on devrait être très prudent quant à l’origine d’autres mots tels que idammen « sang », taẓallit « prière », amkan « lieu », aẓumi « jeûne », azul « salut », iles « langue », etc, etc… que certains avancent qu’ils viennent du rameau Sémitique, voire de la langue arabe.

    En guise de conclusion

    Le nom pan-amazighe isem « nom, appellation… » attesté en l’ensemble des topolectes amazighes et que la néologie emploie dans la composition d’une série de néologismes, est d’une intégration-répartition-conservation que l’on peut déduire que son caractère linguistique amazighe est irréfutable. L’hypothèse selon laquelle on avance que ce substantif isem est un emprunt à l’arabe n’a aucun fondement et elle est totalement nulle.
    Sur l’Etymologie de ISEM en TamaziƔt Aussi que l’on remonte assez loin dans le temps, on se heurtera à la difficulté de trouver une certitude absolue. D’ailleurs, quand on est en présence d’un ancien mot employé dans le langage populaire, la conscience de son vrai sens, voire de son étymologie se perd. Et quand un phénomène linguistique remonte très loin dans le temps, il arrive qu’on ne se sache pas quelle langue a imposé un vocable à une autre. Tous les mots des langues de l’humanité remontent à des proto-familles linguistiques, et, puis au-delà, on n’en saura rien et qu’on ne peut formuler des hypothèses dont un des intérêts instructifs est de satisfaire l’esprit. Tant d’anciens peuples attachent de la fierté à démontrer l’antériorité de leurs langues. Ne targuent-ils pas les Perses à affirmer que la moitié des lexèmes de la langue arabe sont d’origine persique. Ve qui est certain aujourd’hui, c’est que les sciences ont mis à néant les anciennes idées de la Bible suivant lesquelles les fils de Noé : Sem, Cham et Japhet s’étaient au déluge - non universel – dispersés sur Terre pour donner naissance aux Sémites, aux Chamitiques et aux Européens. On entend souvent que tel terme amazighe est d’origine de telle ou telle langue, sans arriver à pousser la pensée que tant de langues ont bien emprunté à Tamazight des mots qui sont expliqués par la langue amazighe moderne. Cette fois-ci, on va traiter du nom isem que beaucoup pensent qu’il est d’origine sémitique, voire arabe. Je vais tenter de présenter ici l’étymologie du nom isem qui est un lexème ancien et bien intégré en l’ensemble des topolectes amazighes modernes. Par ailleurs, ce même lexème ou sa base est attesté dans diverses langues des deux familles linguistiques afro-asiatique et indo-européen. Même si rechercher une étymologie est souvent un exercice sans fin, on peut dire que la racine du nom isem est très ancienne dans l’ensemble linguistique amazighe, donc il y a présomption que le mot soit d’origine amazighe. Mais est-il amazighe ou appartient-t-il à un fond méditerranéen ? Le nom isem de souche linguistique amazighe se justifie et s’explique très bien et ce, par rapport au : 1. Critère de répartition. Le substantif isem est attesté dans l’ensemble amazighe. Je puis là citer sa répartition selon les aires topolectales amazighes (je m’excuse de ne pas pouvoir donner toutes les variantes) telles que : Tumẓabt (le Mozabite, en Algérie). Isem (plur. ismawen) « nom, appellation, dénomination, nom propre, nom commun… ». Le verbe samma « nommer, désigner ». Warisem « anonyme » que son féminin tarisem. Le substantif tismin (qui est un pluriel) dont le nom verbal est asem signifie « jalousie ». Tamahaq (le Touareg, en Algérie). Isem (plur. ismawen) « nom propre ou commun ». Taγdamsit (Libye). Isem « nom ». Tamaziγt du Maroc central. Isem (plur. ismawen) « nom, dénomination ». Taqbaylit (Algérie). Isem (plur. ismawen) « nom, dénomination ». Tacawit (Algérie). Isem (plur. ismawen) « nom ». Je me rappelle d’une belle chanson de la variante Tacawit aux Aurès/Algérie intitulée sama-y-id. Tacelḥit (Maroc). Isem (plur. ismawen) « nom ». Tarifit (Maroc). Isem (plur. ismawen) « nom ». 2. Critère d’intégration Il est attesté au sein de topolectes éloignés les uns des autres le nom isem « nom, appellation, dénomination, nom propre, nom commun… », le verbe sama « nommer, désigner… » et le mot warisem « anonyme ». Ce qui exclut la possibilité de penser qu’il s’agit d’un cas isolé. 3. Critère de conservation On voit très bien qu’à partir des variantes amazighes citées dans le critère de répartition, la forme isem est très bien conservée partout sur Tamazγa (l’Amazighie/la Berbérie). Même le topolecte Touareg qui, dans certains cas, connait la prononciation /h/ à la place des sifflantes /s et z/ des topolectes du Nord, a très bien conservé le /s/ dans le terme isem. Selon mes lectures, et même si la parenté n’est pas perceptible de prime abord (phénomène de relâchement de la parenté sémantique), je pense que le mot isem est peut être le factitif du pan-amazighe imi « bouche et, par extension, entrée, accès, orifice, ouverture, etc… » dont la racine est la monolitère [M]. Le verbe asem « envier » et son dérivé féminin tismin « émulation, envie, jalousie(s)… » témoignent eux aussi de cette profonde intégration-conservation. J’attire l’attention ici qu’un autre fait linguistique, qui pourrait être vu comme un indice, a à voir avec le pluriel imawen « bouches, ouvertures, orifices… » qui obéit au même modèle de formation du pluriel ismawen. Selon des documents dont l'authenticité est vérifiée, on est conduit à penser que la langue amazighe, qui est depuis la préhistoire une des anciennes langues autonomes, aurait même par son antériorité fourni le nom isem aux autres langues du pourtour méditerranéen d'où sont issues les plus belles civilisations humaines. Ceci est attesté par la présence simultanée de ce vocable de base amazighe dans des langues aussi diverses que le Grec, le Latin et les langues sémitiques. Par ex., on trouve ce vocable dans le Grec sous forme de sema « signe, marque », semaino « signifier, indiquer » et semantikos « signifié » ayant donné sémantique en Français, semantic en Anglais… On remarque très bien que les formes sémantiques que renferment les mots attestés dans ces langues indo-européennes sont très proches de celle attestée dans l’ensemble amazighe moderne. Pourra-t-on un jour découvrir à partir des anciennes transcriptions libyco-berbères que se manifestait sous la forme de isem ? À l’appui des critères de répartition et de conservation, on peut dire sans risque de s’induire en erreur que le nom isem, dans l’ancien Amazighe, ne peut être que sous forme pan-amazighe de isem attestée en synchronie, si non il ne doit pas être loin de la forme actuelle. Ce même mot avec la même forme sémantique est attesté dans les langues sémitiques et ce, sous les différentes formes de asemmou, chem… et achemou. On relève en outre les unités sème en français et seme en anglais « unité de signification minimale »... Tous ces lexèmes contiennent la radicale de la racine amazighe [M]. En sémitique, les substantifs véhiculant le sens de nom sont : sumu/chumu en Akkadien, sēm/shēm en Ugaritique et en hébreu, sum/chum en araméen, Ίsm en Arabe, sem en Ethiopien. Remarquons que la chuintante ch dans les anciennes langues sémitiques a disparu en arabe. En ancien égyptien, on a ran/rin/rĕn/lĕn et en copte rn. Dans la même famille afro-asiatique, il est déjà très compliqué d’expliquer la relation entre ran égyptien et shum araméen. La même forme ran serait à comparer d’ailleurs avec des langues négro-africaines telles que rína « nom » en bantu et galke. Dans l’indo-européen, on a par exemple les formes nāma en sanskrit, hόnoma en grec et namo en gotique, et le radical indo-européen reconstruit est *nōm. Si la forme égyptienne est à exclure de la comparaison, les deux autres formes isem et nōm contiennent la finale /m/. Quant à la néologie amazighe, on peut faire remarquer qu’elle a exploité la base isem pour en créer de nouvelles unités lexicales telles que isemtadra « nom d'origine », isem (néologisme de sens) « substantif/nom », msemmi « nom propre », gisem « nommer » (comme bien d’autres cas, là on n’avait pas exploré les variantes amazighes pour savoir que ce même sens est véhiculé par le verbe samma), etc. D’ailleurs, on devrait être très prudent quant à l’origine d’autres mots tels que idammen « sang », taẓallit « prière », amkan « lieu », aẓumi « jeûne », azul « salut », iles « langue », etc, etc… que certains avancent qu’ils viennent du rameau Sémitique, voire de la langue arabe. En guise de conclusion Le nom pan-amazighe isem « nom, appellation… » attesté en l’ensemble des topolectes amazighes et que la néologie emploie dans la composition d’une série de néologismes, est d’une intégration-répartition-conservation que l’on peut déduire que son caractère linguistique amazighe est irréfutable. L’hypothèse selon laquelle on avance que ce substantif isem est un emprunt à l’arabe n’a aucun fondement et elle est totalement nulle.

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